Entre décembre 2023 et septembre 2026, le litre est passé de 1,80 € à 2,28 €. Les mêmes gens font les mêmes trajets, aux mêmes heures. Nous avons mesuré ce que cette hausse coûte réellement à un territoire — et où, au mètre près, l'argent brûle.
Fond cartographique © les contributeurs OpenStreetMap, sous licence ODbL. Itinéraires calculés par le moteur LEA.
Les trajets de moins de 5 km font 58 % des déplacements et seulement 18 % du carburant. Ceux de plus de 10 km font 20 % des déplacements et 61 % du carburant. L'argent brûle en deuxième couronne, pas dans l'hypercentre — là où, précisément, aucune ligne n'est calée sur ces trajets-là.
65 % des arrivées de la journée se concentrent entre 6 h et 10 h, mesuré heure par heure sur les zones d'emploi. Ce n'est pas un flux diffus à absorber toute la journée : c'est une pointe, et une pointe se dessert.
C'est l'apport de cette carte. En posant les 4 265 liaisons mesurées sur le vrai réseau routier et en les additionnant tronçon par tronçon, on voit ce qu'aucune matrice origine-destination ne montre : sur le tronçon le plus chargé, jusqu'à 230 liaisons différentes se superposent. Un autocar qui passe là ne capte pas un flux. Il en capte des dizaines.
Cette étude est produite par LEA — Letubevert Engine Architecture, notre moteur d'ingénierie. LEA croise des traces de téléphonie mobile anonymisées et agrégées, les données sociodémographiques de l'INSEE et les référentiels géographiques IGN et OpenStreetMap, et calcule 40 indicateurs par corridor. Aucune donnée individuelle n'est manipulée à aucun moment, à aucune étape.
| Étape | Ce que fait LEA |
|---|---|
| Flux | 4 265 liaisons entre zones de résidence habituelle et zones d'activité habituelle, ramenées à un jour ouvré moyen. 260 563 personnes dont la zone de jour diffère de la zone de nuit. |
| Part voiture | Typologie territoriale et taux de motorisation : 46 % en cœur métropolitain, 78 % au-delà. Occupation 1,06 personne par véhicule. Reste 126 025 conducteurs. |
| Itinéraires | Chaque liaison est routée sur le graphe routier réel d'OpenStreetMap, profil voiture — autoroute d'abord, puis nationale, puis le reste. Un itinéraire par liaison. |
| Cumul | Les flux sont additionnés arête par arête sur 89 369 arêtes, puis fusionnés en tronçons de charge homogène. 2 547 km de voirie empruntée, 1,1 million de véhicules-kilomètres par jour. |
| Carburant | 6,5 L/100 km, aller-retour compté, 220 jours ouvrés. 143 000 litres par jour ouvré. |
| Contrôles | Conservation des longueurs vérifiée à 0,10 % près, conservation des volumes à 0,03 %. Aucune liaison perdue en route. |
La distinction est le cœur du métier. Une étude de mobilité honnête sépare ce qui est observé de ce qui est posé en hypothèse — et dit dans quel sens chaque hypothèse tire le résultat.
C'est notre hypothèse centrale, et nous la revendiquons comme telle : les flux datent de décembre 2023, les prix de septembre 2026. Nous n'avons pas mesuré les déplacements de 2026. Les 15,1 M€ sont donc un écart de facture à déplacements identiques.
Cette hypothèse est raisonnable pour une raison que cette carte démontre elle-même. On renonce à un trajet de loisir quand le carburant augmente, pas à aller travailler : le déplacement domicile-travail est la dépense de mobilité la plus rigide qui soit. Et sur ces corridors, ces conducteurs n'ont rien à arbitrer. Non pas parce que le territoire manque de transport collectif — les réseaux existent, et ils sont denses — mais parce qu'aucune ligne n'est calée sur leurs déplacements réels : pas ces origines vers ces destinations, pas à ces heures, pas sans correspondance. Tant que cette desserte n'existe pas, la hausse du carburant ne change pas un trajet. Elle change seulement une facture.
Un report modal aurait évidemment fait baisser ce chiffre. Nous en mesurons l'ampleur sur demande, à partir d'une extraction récente : c'est la première chose que nous actualisons quand une collectivité nous confie son territoire.
Aucun chiffre de mobilité n'est exact. Ce qui se contrôle, c'est la direction de l'erreur. Voici les nôtres, sans en cacher une.
| Ce qui biaise | Effet sur les 71,8 M€ | Pourquoi |
|---|---|---|
| Les navettes périurbaines | sous-estime | Le périmètre s'arrête à la métropole et sa bordure. Les longues navettes venues d'au-delà, les plus consommatrices, ne sont pas comptées. |
| Les véhicules électriques | surestime | Ils ne brûlent pas de carburant et nous ne les déduisons pas. Ils représentent une part encore minoritaire du parc en circulation. |
| Les trajets non professionnels | sous-estime | Courses, écoles, loisirs : ils empruntent les mêmes axes aux mêmes heures et ne sont pas dans le calcul. |
| L'itinéraire unique | concentre | Chaque liaison suit un seul chemin, sans report sur les alternatives. Le total est juste, sa répartition est un peu plus contrastée que la réalité. |
| Le prix national | neutre | 2,28 €/L est une moyenne nationale pondérée gazole et sans plomb. L'écart entre stations dépasse largement cette précision. |
Les deux biais majeurs — périurbain exclu, trajets non professionnels exclus — vont dans le même sens. 71,8 M€ est un plancher, pas une estimation haute.
Les flux décrivent des zones de résidence et d'activité habituelles, pas des motifs déclarés : c'est un indicateur de présence, plus fidèle que le déclaratif sur la régularité, moins précis sur la raison du déplacement. Chaque paramètre de cette page est isolé dans notre chaîne de traitement et se remplace par le vôtre — coût d'exploitation au kilomètre, consommation du parc, prix négocié. Le classement se recalcule.
Nous produisons la même analyse sur n'importe quelle agglomération française : la facture carburant de vos navettes, les tronçons qui la concentrent, et les corridors où une ligne se rentabilise. Comptez trois semaines.
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